Installation de Rocky Linux 10, étape par étape
Rocky Linux reprend la place qu'occupait CentOS Linux : une distribution compatible avec Red Hat Enterprise Linux, dont la version 10 reçoit des correctifs de sécurité jusqu'au 31 mai 2035. Voici l'installation d'un serveur minimal, de l'ISO vérifiée à la première connexion.
Rocky Linux est une distribution compatible avec Red Hat Enterprise Linux (RHEL). Elle sert de base aux serveurs qui suivaient autrefois CentOS Linux, dont la dernière version est en fin de vie : CentOS Linux 8 depuis le 31 décembre 2021 et CentOS Linux 7 depuis le 30 juin 2024, selon le projet CentOS. Ce guide installe un serveur minimal, la forme la plus courante pour héberger un service.
Faites un premier essai dans une machine virtuelle de lab. Sur une machine physique, vérifiez que le disque cible ne contient rien à conserver : l'installation automatique l'efface.
Quelle version de Rocky Linux installer
Trois versions majeures sont supportées au 12 octobre 2026, d'après la page des versions de Rocky Linux :
| Version | Nom de code | Publiée le | Support général jusqu'au | Fin de vie (sécurité) |
|---|---|---|---|---|
| Rocky Linux 8 | Green Obsidian | 1er mai 2021 | 31 mai 2024 | 31 mai 2029 |
| Rocky Linux 9 | Blue Onyx | 14 juillet 2022 | 31 mai 2027 | 31 mai 2032 |
| Rocky Linux 10 | Red Quartz | 11 juin 2025 | 31 mai 2030 | 31 mai 2035 |
Pour une nouvelle installation, Rocky Linux 10 offre la durée de vie la plus longue. Retenez aussi la règle du projet : seule la dernière version mineure de chaque version majeure est supportée. Un serveur doit donc être tenu à jour, pas figé sur la version mineure de son ISO.
Rocky Linux 9 reste pertinent si une application n'est certifiée que pour RHEL 9. Dans ce cas, la procédure ci-dessous est très proche, mais vérifiez le guide de votre version.
Avant de commencer
| Prérequis | Où le vérifier |
|---|---|
| configuration matérielle minimale | note de configuration minimale de Rocky Linux 10, liée depuis le guide d'installation |
| un support de démarrage (clé USB, ISO montée dans l'hyperviseur) | — |
| l'adresse IP prévue, ou un réseau DHCP | votre plan d'adressage |
| UEFI ou BIOS réglé pour démarrer sur ce support | le firmware de la machine |
Ce guide n'indique volontairement pas de quantité de mémoire ou de disque : les valeurs officielles sont dans la note du projet, et elles évoluent avec les versions.
Étape 1 : télécharger l'ISO
Les images se téléchargent uniquement depuis le site du projet, sur la page de téléchargement de rockylinux.org ou sur l'un des miroirs officiels qu'elle liste. Les noms de fichiers suivent la convention documentée :
Rocky-<MAJEURE>.<MINEURE>-<ARCH>-<VARIANTE>.iso
Pour un serveur, la variante minimal suffit. La variante boot sert à une installation par le réseau. Le nom exact change à chaque version mineure : copiez-le depuis la page de téléchargement plutôt que depuis un tutoriel.
Étape 2 : vérifier l'image
Avant de démarrer dessus, contrôlez que le fichier n'est ni corrompu ni modifié. Dans le dossier qui contient l'ISO, la documentation Rocky Linux propose de récupérer le fichier des sommes de contrôle officielles puis de le comparer avec sha256sum :
wget -O CHECKSUM https://download.rockylinux.org/pub/rocky/10/isos/x86_64/CHECKSUM
sha256sum -c CHECKSUM --ignore-missing
La ligne correspondant à votre ISO doit se terminer par OK. Si ce n'est pas le cas, téléchargez à nouveau l'image.
Étape 3 : l'installateur
Démarrez sur le support. L'écran d'accueil propose par défaut Test this media & install Rocky Linux 10, qui vérifie le support avant de lancer l'installation. Le guide officiel en explique l'intérêt : éviter de découvrir à mi-parcours qu'un support défectueux bloque l'installation. Choisissez ensuite la langue de l'installation.
L'installateur affiche alors l'écran Installation Summary, organisé en quatre zones : localisation, logiciels, système, paramètres utilisateur. Chaque zone se règle indépendamment, dans l'ordre que vous voulez.
Localisation
- Clavier : ajoutez la disposition française et placez-la en premier.
- Langue : ajoutez éventuellement le français comme langue supplémentaire.
- Date et heure : choisissez le fuseau
Europe/Pariset laissez activée la synchronisation automatique, qui utilise le protocole NTP.
Logiciels
- Source d'installation : avec une ISO complète, la source détectée automatiquement est la bonne.
- Sélection de logiciels : choisissez Minimal Install. Un serveur n'a besoin que de ce qu'il héberge ; le reste s'installera ensuite avec
dnf.
Système : disque et réseau
Dans Installation Destination, cochez le disque cible et laissez la configuration de stockage sur Automatic pour un lab. En production, préparez votre schéma de partitionnement à l'avance.
Dans Network & Host Name, sélectionnez l'interface, passez son interrupteur sur ON, et donnez un nom d'hôte au serveur, par exemple srv-rocky01.lab.local. Vous pouvez rester en DHCP ou saisir une adresse fixe. La documentation insiste sur un point : notez l'adresse IP affichée, elle vous servira pour vous connecter au serveur sans console.
Paramètres utilisateur
C'est l'étape qui a le plus changé. Sur Rocky Linux 10, le compte root est désactivé par défaut. Le guide officiel demande donc de créer, dans User Creation, un utilisateur avec les droits d'administration, c'est-à-dire membre du groupe wheel. Cet utilisateur travaille normalement et élève ses privilèges avec sudo quand il le faut.
| Champ | Valeur conseillée |
|---|---|
| Nom d'utilisateur | un compte nominatif, pas admin |
| Droits d'administration (groupe wheel) | coché |
| Mot de passe requis | coché, mot de passe robuste |
| Compte root | laissé désactivé |
Cliquez enfin sur Begin Installation. D'après le guide, même après ce clic, vous pouvez encore quitter sans perte de données en redémarrant la machine. À la fin, cliquez sur Reboot System.
Étape 4 : première connexion et vérifications
Connectez-vous avec le compte créé, puis vérifiez l'essentiel :
whoami
cat /etc/redhat-release
ip address show
sudo dnf upgrade
whoami confirme le compte connecté, /etc/redhat-release la version installée, ip address show l'adresse obtenue. La mise à jour applique les correctifs publiés depuis la création de l'ISO.
Et maintenant
Un serveur minimal n'est qu'un point de départ. Pour fiabiliser son réseau, voyez l'agrégation de liens avec nmcli. Pour un premier service, un serveur DNS BIND 9 primaire et secondaire se monte de la même façon sur Rocky Linux, aux chemins près. Pour l'administrer depuis un navigateur, Cockpit existe aussi sur cette famille de distributions. Les commandes de base sont rassemblées dans la liste des commandes Linux, et les autres guides dans les tutoriels Serveurs Linux.
Questions fréquentes
Rocky Linux est-il le successeur de CentOS ?
Rocky Linux est une distribution compatible avec Red Hat Enterprise Linux, qui reprend le rôle qu'avait CentOS Linux pour les serveurs. CentOS Linux 7 et 8 sont en fin de vie ; le projet CentOS se concentre désormais sur CentOS Stream.
Quelle version de Rocky Linux choisir en 2026 ?
Rocky Linux 10, publiée le 11 juin 2025, a le support le plus long : support général jusqu'au 31 mai 2030 et correctifs de sécurité jusqu'au 31 mai 2035. Choisissez Rocky Linux 9 seulement si une application l'exige.
Où télécharger l'ISO de Rocky Linux ?
Uniquement sur rockylinux.org ou sur un miroir officiel listé par le projet. Vérifiez ensuite l'image avec le fichier CHECKSUM officiel et sha256sum, comme le montre la documentation.
Pourquoi le compte root est-il désactivé ?
C'est le choix par défaut de l'installateur de Rocky Linux 10. L'administration se fait avec un compte membre du groupe wheel, qui utilise sudo : chaque action privilégiée est rattachée à un utilisateur nommé.
Une ancienne version mineure est-elle encore supportée ?
Non. Le projet indique que seule la dernière version mineure de chaque version majeure est supportée. Appliquez les mises à jour avec dnf upgrade et ne laissez pas un serveur sur la version mineure de son ISO d'installation.