Supervision Exchange avec Centreon : les trois méthodes
Centreon ne supervise pas Exchange à distance : les contrôles s'exécutent sur le serveur Exchange lui-même, par un agent. Le choix porte sur cet agent et sur le sens de la connexion.
Cette page regroupe toute la supervision d'Exchange Server sur site avec Centreon, autrefois répartie en plusieurs parties. Un rappel de version d'abord : selon Microsoft, Exchange Server 2016 et 2019 sont hors support depuis le 14 octobre 2025, et Exchange Server Subscription Edition (SE) est disponible depuis le 1er juillet 2025. Les pages des connecteurs Centreon ne précisent pas de version d'Exchange prise en charge : validez sur votre propre version avant la production.
Testez sur un serveur de laboratoire et sauvegardez la configuration Centreon avant de déployer. Pour Exchange Online, la démarche est différente : voyez la supervision Office 365.
Trois connecteurs, mêmes contrôles
Centreon publie trois connecteurs de supervision Exchange. Ils créent les mêmes services ; seul le transport change.
| Connecteur | Agent sur le serveur Exchange | Sens de la connexion | Défaut documenté |
|---|---|---|---|
| Microsoft Exchange NSClient NRPE | NSClient++ packagé par Centreon | collecteur → serveur | port NRPE 5666 |
| Microsoft Exchange NSClient RestAPI | NSClient++ packagé par Centreon | collecteur → serveur, en HTTPS | port 8443 |
| Microsoft Exchange CMA | Centreon Monitoring Agent | serveur → collecteur | TCP 4317 |
Les deux premiers sont des contrôles actifs classiques : le collecteur (poller) interroge l'agent. Avec le Centreon Monitoring Agent, c'est le serveur supervisé qui ouvre un seul flux vers le collecteur, pour récupérer sa configuration et envoyer ses données au format OpenTelemetry ; aucune sonde n'est à installer sur le collecteur. Ce sens de connexion simplifie les pare-feu quand Exchange est dans une zone isolée.
Pour comprendre la place des modèles et des sondes dans Centreon, voyez la supervision avec Centreon et ses connecteurs.
Ce qui est surveillé
Trois services sont créés avec le modèle d'hôte :
- Databases : état des bases de boîtes aux lettres ;
- Exchange-Services : services Exchange ;
- Queues : files d'attente de transport.
Sept autres s'ajoutent à la main : Replication-Health (santé de la réplication, utile dans un groupe de disponibilité de base de données, ou DAG), Mailboxes (quotas et boîtes par base), et des tests d'accès à une boîte réelle par ActiveSync, IMAP, MAPI, OWA et les services web de découverte automatique d'Outlook.
Ces tests d'accès demandent une boîte de test et ses identifiants, à renseigner dans les macros MAILBOX, PASSWORD et, selon le service, URL. Créez une boîte dédiée, sans droits particuliers.
Préparer le serveur Exchange
Avec NSClient++
Centreon demande d'installer sa version packagée de NSClient++, pas la version publique, et de vérifier selon le connecteur la configuration du serveur NRPE ou celle du serveur web et de l'API REST. Sa documentation NSClient++ détaille ces réglages.
Côté Centreon, le modèle App-Exchange-NRPE-custom porte les macros NRPEPORT (5666), NRPECLIENT (check_centreon_nrpe) et NRPETIMEOUT (55). Le modèle App-Exchange-NSClient-Restapi-custom porte NSCPRESTAPIPROTO (https), NSCPRESTAPIPORT (8443) et le mot de passe de l'API dans NSCPRESTAPILEGACYPASSWORD.
Avec le Centreon Monitoring Agent
Le connecteur CMA ne demande pas de sonde sur le collecteur : l'intégration est assurée par Centreon Engine. L'agent s'installe sur le serveur Exchange, avec les sondes qu'il exécute localement. Le modèle App-Exchange-CMA-custom attend le chemin de centreon_plugins.exe (C:/Program Files/Centreon/Plugins par défaut), la langue du système (en) et un délai d'exécution (120 secondes).
Tester depuis le collecteur
Pour la méthode NRPE, la documentation donne ce test du mode queues, à lancer sous le compte centreon-engine :
/usr/lib64/nagios/plugins/check_centreon_nrpe -H 192.168.10.40 -p 5666 -t 55 -c check_centreon_plugins -a 'apps::microsoft::exchange::local::plugin' 'queues' '--critical-status="not %\{status\} =~ /Ready|Active/i" --verbose'
La condition critique reprend celle de l'exemple, accolades échappées comprises : une file qui n'est ni prête ni active. Un résultat OK: confirme le dialogue entre collecteur, agent et Exchange.
Choisir les seuils
Hormis des conditions d'état comme celle des files, les seuils sont à fixer selon votre messagerie :
- files d'attente : sur le volume normal observé aux heures de pointe ;
- bases et quotas : sur l'espace disque disponible et vos quotas réels ;
- tests de boîte : un échec répété compte plus qu'un délai ponctuel.
La même logique d'agent vaut pour la supervision HPE iLO du matériel qui héberge Exchange. Les autres tutoriels sont dans la rubrique Centreon.
Questions fréquentes
Faut-il un agent sur le serveur Exchange ?
Oui. Les trois connecteurs Exchange de Centreon reposent sur un agent : NSClient++ packagé par Centreon, interrogé en NRPE ou par API REST, ou le Centreon Monitoring Agent.
NRPE ou API REST avec NSClient++ ?
Les deux interrogent le même agent. L'API REST passe par HTTPS sur le port 8443 par défaut et un mot de passe, NRPE par le port 5666 par défaut. Choisissez selon ce que vos pare-feu autorisent.
Quel est l'intérêt du Centreon Monitoring Agent ?
Le serveur supervisé ouvre lui-même un unique flux TCP 4317 vers le collecteur. Aucune connexion entrante vers Exchange n'est nécessaire, et aucune sonde n'est à installer sur le collecteur.
Comment surveiller un DAG Exchange ?
Ajoutez le service Replication-Health, qui n'est pas créé automatiquement, sur chaque membre du groupe. Les seuils de copie se règlent par les macros dédiées.
Exchange 2016 peut-il encore être supervisé ?
Techniquement oui, mais Microsoft le considère hors support depuis le 14 octobre 2025. La supervision ne compense pas l'absence de correctifs : planifiez la migration vers Exchange Server SE.